« Tu vise deux tiers à gauche, un tiers à droite, tu coupe les gaz un poil puis tu la jette légèrement et quand tu est en l’air...Surtout tu freine pas sinon t’explose les transmissions, au mieux... Dès que tu touche le sol, c’est gaz ouvert et...ça passe »
Voilà la réponse à la question posée une bonne quinzaine de fois dans la soirée a quelques un des plus rapides pilotes sur le circuit de Vendres Valras. De Jack Brinet (en spectateur et qui détient encore le record du tour absolu avec le S2) à Franck Rubi Fernandez en passant par Denis Bertrand et au plus généreux en sensations des Auvergnats Jacques Moniot himself...
Tout celà pour vous parler de la particularité devenue exception sur les circuits Français actuels : La bosse...
Les plus branchés dirait un « jump », façon bien étrange d’utiliser un mot encore piqué aux grands britons et qui veut dire sauter. Certains spécialistes des animaux penserait aux bêtes aussi baveuses que mal odorante, dromadaire et chameau (je sais jamais lequel en a deux) mais il n’en est rien...
Si vous prenez un vieux dico...(j’en vois certains qui font déjà la tronche), du genre petit Larousse 93, page 152 en bas à gauche au mot bosse il y a écrit : « Enflure qui apparaît à la suite d’un coup. » Vous avez tout compris ?
A Valras si tu prends mal la bosse, il a des chances que tu en récupères quelques unes au bout. Elle ne pardonne pas cette excroissance placée en bout de ligne droite. « T’arrive lancé, et si tu la loupe le mur de 3/4 mètres de haut est la pour te le rappeler ». Votre serviteur en a vu des pilotes dans le mur, et pas que des buses du volant comme lui. Dans les années 90, de jour, Jean Luc Lenfant au volant d’une AX sport 16S sort dans le tour de chauffe... au ralenti. Quelques années plus tard, un certain Roger Calvet, alors illustre inconnu se fait crépir les lunettes de boue, provoquée par l’orage soudain et explose son train avant dans un bruit de carton qu’on éventre. Cette année encore, c’est mon pote Didier Aussenac d’y laisser sa belle Alpine A310 suite à la rupture d’une rotule... Bilant auto bien amochée et hématome au genoux,,,Dur, dur la bosse à Valras.
Bosse c’est aussi boulot, taff, turbin ou encore job et il y en a un qui a bien bossé ce week-end. Le Chouilleur m’a servi de guide auprès de quelques « figures » du challenge SEAC. De Franck Rubi Fernandez et sa belle Escort (Gembo/Gemo sport) qui bossent en famille. Franck a transfiguré son pilotage après son hiver studieux sur la glace. Son principal rival sur la piste, Julien Isnard bosse avec son pote Eric. Julien parle plus de son mécano que de sa personne, un signe que la classe ne se mesure pas que derrière un volant. Cédric Poméon qui bosse avec la famille Curt, passionné de technique il met au point un châssis original motorisé par un Alfa 3 litres. Encore une famille qui bosse ensemble, les Bertrand, dont le grand père courrait à la fin des années 70 (sur des monoplaces Boyer/Gordini NDLR) et qui s’occupe de l’assistance de son fils Denis et maintenant de son petit fils. « Une course par mois, pas plus. On ne vise aucun challenge, on court juste pour le plaisir ». L’équipe de Jérôme Vidal, qui bosse en équipe, et quelle équipe. Ils ont monté une association, participent aux principales manifestations de leur ville et récupèrent comme cela un petit financement pour faire courir leur pilote. Bref, tout le monde bosse pour sauter sur la bosse de Valras un fois l’an et s’il y en a deux qui ne s’en sont pas fait, de bosses, c’est bien Roger Buisson et Didier Calmettes qui malgré leur finale acharnée sont restés d’une sportivité exemplaire... Z’on bien bossé...
Photo made by Chouilleur